Le goût du chocolat

L’odeur du savon.
La piqûre d’un moustique.
Un mal de tête.
La douceur d’une voix.
Ébloui par la lumière.
Une pensée angoissante.
Un désir irrépressible.
La douleur de l’orteil cogné contre le bord du lit.
Enthousiasmé par une idée.
Fatigué après l’effort.
En joie.
Le goût du chocolat.

Moment après moment, nous ressentons une succession de perceptions, d’émotions, de pensées, …

Descartes constatait cette évidence : « pendant que je voulais ainsi penser que tout était faux, il fallait nécessairement que moi, qui le pensais, fusse quelque chose » (Discours de la méthode, 1637).

Impossible de douter que nous pensons.
Impossible de douter que nous ressentons.

A l’instant où tu lis cette phrase, quoi que tu en penses, ces mots existent dans ton esprit. Tu les perçois. Tu en es conscient.

Qui que nous soyons, nous sommes le cadre dans lequel apparaissent ces perceptions, émotions, pensées, …

Nous sommes conscients.

Mais cette formulation est trompeuse. Car nous ne sommes pas « quelque chose » qui est conscient.

La conscience est ce que nous sommes. Nous sommes cette capacité à ressentir.

Sans capacité à ressentir : plus de sensations, agréables ou pénibles, plus de plaisirs ni de douleurs, plus d’envies, de colères ni de peurs, plus de pensées, de bonnes volontés, de mauvaises idées, plus de rêves, …

Sans conscience pour les accueillir, reste ce corps : un peu de chair, de la matière inanimée. Et des souvenirs dans l’esprit de ceux qui nous ont connu.

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