Conscient d’être conscient
— Qui ressent le goût du chocolat ?
— Nous, qui le mangeons…
— D’accord, mais il est où ce goût ?
— Dans la bouche évidemment !
— Mais la sensation du goût ? Le plaisir d’un bon chocolat ? C’est où ?
— Dans la tête ?
Comment nommer cet espace où émergent les perceptions, les émotions, les pensées ?
Conscience est le mot que je préfère. J’aime bien esprit aussi. Et mental.
Cela dit, mettre un mot sur une chose, ce n’est pas connaître la chose. Quand on répond “un oiseau !” au “c’est quoi ?” d’un enfant qui en voit un dans un jardin, on lui apprend à mettre l’étiquette « oiseau » sur l’oiseau. Mais pour connaître l’oiseau, l’enfant va l’observer sautiller, l’écouter chanter, s’approcher de lui et le voir s’envoler.
De même, pour mieux connaître notre conscience, il nous faut observer nos sensations, nos émotions, nos pensées. En se distançant d’elles, nous percevons mieux le cadre où elles émergent.
Quand notre attention n’est plus accaparée par nos pensées, nous réalisons intuitivement que nous ne sommes pas nos pensées, mais l’espace où elles apparaissent.
Nous devenons plus conscients d’être conscients.
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